18 févr. 2012

6 févr. 2012

I love you

I love you que j'vais écrire
au milieu de la face d'un rocher
I love you à en mourir
on va peut-être crasher

Et les cloches sonnent sonnent
que nos corps souffrent et se repognent

On va s'hair autant
qu'on a pensé que nos âmes
allaient s'étendre
en attendant le messie

I love you
qu'on s'déchire
la pédale dans l'tapis
de la blessure

I love you qu'on va chanter
du haut de not' bicycle
pour ne pas crasher
on va rouler + vite

Te garder bien en vue
sans que rien m'appartienne
Tes ailes bien tendues
vis à vis les miennes



Nanny Caron






.

28 nov. 2011

Debout


Comment faire
pour rester debout
les g'noux me lâchent
j'ai l'air de m'en foutre


Que c'est drôle
que c'est drôle
perdre la face


Pognée dans l'ciment
de mes menteries
profondément démunie
désaccordée devant
un miroir


J'veux pu jouer le rôle
qui me détonne
les heures défoncent
les idées molles
j'abandonne
j'abandonne






.

15 août 2011

Les amants muets
Mafffei © tous droits réservés


Aucun fétiche aucun fantasme
Que des silences à l’horaire
Une méridienne efficace
Divine pause en pleine mer


Les amants muets s’émeuvent
Remués des eaux cohésives
Naviguent sans épreuves
Sans tourments ni plaies vives

Aucun fétiche aucun fantasmes
Que les estompes de l’accueil
Aucune crise aucun marasme
Dans les écluses de l’orgueil


Amants vivants à demi veille
Amants muets et immobiles
Dans le rythme du sommeil
Se bercent au vent des îles


Aucune excuse aucune entrave
Aucune pluie d’aucune plaine
Amants embués dans la cale
Amants libérés de leurs chaînes


Aucune esquisse à l’étrave
Aucun fracas sur les écueils
Aucun fœtus aucune épave
Que l' embryon d’un recueil







.

4 août 2011

Jack L'autochtone

Mafffei © Tous droits réservés


Relevée d'une débarque
je rampe dans un ch'nail de neige grise
Perdue dans mon village
Perdue mes raquettes

Les machines lourdes ont gobées mes traces

C'est que j'avais suivi
entre le cimetière et le lac
l'ombre

Avais-je inversé mes lentilles
trompée de saison
Avais-je préféré l'inertie
ou l'illusion

La réalité se plante
devant moi
résiste à déguerpir
à prendre son trou
mais je ne peux l'a fuir
elle me suit partout

Et sous le pont
remettre ma jupe
remettre ma jupe
par-dessus mon pantalon

Je tourne en rond
sous le pont couvert

Si je plongeais
pour dériver jusqu'à la mer
sentir à mes pieds
l'encre et la lumière

Mais la réalité
me dit d'endurcir
ma couenne

De ma vie des vagues
touchent alors mes pieds
jusqu'à mes racines

Je perds le nord
Je perds le nord

J'avale ma chique
l'échine brisée

(JAM)

À mon réveil
je distingue
à l'ombre d'une bouteille
Ce que j'avais vu
juste après le shack
entre le cimetière
et le lac

Il m'offre une gorgée
pour me ramener

Encore étourdie
je distingue
à ses pieds
mes raquettes

Il s'appelle Jack
C'est lui...

Jack Daniel's
C'est un pirate

Il faut qu'on ampute
mes illusions
je retire ma jupe
et mon pantalon



.

17 juin 2011

Barman


La première fois que je t'ai vu
entre la blanche et la noire
à pomper la broue en fût
entre nous et le comptoir
J'voulais qu'tu m'prennes


J'voulais qu'tu m'prennes
pas pour une autre


Que tu m'accueilles
comme une cocotte
accotée à ton beam de béton
Pas comme une pitoune
avec de l'huile à babine
et à moteur dans l'front


J'voudrais qu'tu m'prennes
pas pour une autre fois
occupée sur une track
à me tenir devant toi
humide et maladroite


Hey Barman
occupe-toi un peu plusse
de ta clientèle
T'as du jus de pétasse
plein les bretelles


Hey Barman
T'as l'air d'un beau pattern
J'vas t'prendre
un autre Jameson


Assise en orbite
le coeur en croûte
à tirer de la broue
entre nous et le comptoir


J'voulais qu'tu m'prennes
pas pour une autre






Mafffei
21 Mai


Même si tu es bien
loin
à ne pas soutenir
la poutre de nos empires
à ne pas sentir la force
de mon plusse pire

Mon coeur cri de te laisser
vivre
Le tien ne sait plus de quel pied danser

Prends le temps
de t'offrir les fleurs
qui te reviennent

Prends le temps
de t'offrir les fleurs
qu'elles te retiennent

T'es parti t'épivarder
t'éparpiller vivant
T'es parti t'épivarder
dans un canot volant

Prends le temps
Prends le temps


Prends le ciel 
au bout des rames
de toutes celles
qui te réclament


T'es parti t'épivarder
t'éparpiller vivant
T'es parti t'épivarder
dans un canot volant

Ton coeur ne sait plus
comment prendre son pied





Mafffei

11 juin 2011

Résine

Mafffei © Tous droits réservés



Puisque la pluie invite l’abondance
que la vie des fois prend un sens
Je veux trimbaler mon tambour de mots
Et rêver dans le verre de ton hublot


Comme le vent qui tourne avec les feuilles
Comme les branches mortes que je cueille
Tu peux dessiner dans ma vitrine
Et toucher le bout de mes racines


Comme la résine des souches dans la forêt
Comme les épines de pruches dans le marais
Tu peux mettre ta bûche dans mon foyer
Tu peux mettre ta bouche dans mon café











Mafffei

5 mars 2011


Tu sonnes
comme
un rappel
dans un
bon show

22 déc. 2010

Lac Blanc

(Tu somnoles entre les branches de pins
je t'imagine même pas)

Ton piano dans mon ventre
un reflet d'arbre
sur la neige
et des mésanges

Chercher dans les tiroirs
le lac
les blanches
et les noires

Sortir de tout bois

13 déc. 2010

samedi matin

Un samedi matin amputé
Il n'y a plus ta guitare
pour accorder le café
pour brancher mon radar

Même si je mets un disque
Tu n'es pas là pour l'enlever
dès la première piste
de ma compil. country

Ici nous étions si poches
sans culottes et sans avenir
il pleut un temps de cinoche
et je ne veux pas sortir

Entre le gîte et l'acte
se dresse un long passage
l'origine de nos frasques
est une bouée au large

(Il manque une gamme
pour isoler ma fuite
un épisode à mon drame
pour écouter la suite)





Mafffei


8 déc. 2010

La ville et nous



Aucun autre que toi
arrive à la cheville
de mon échelle

Penses-tu encore à moi
à cent ou à mille

de nos querelles

Même quand tu n'es pas là
Le soleil brille à l'ombre

de l'ombelle

Je ne vois que toi
à travers la ville
et toutes ses ruelles

Je ne vois que toi
comme un tour de l'île
en mon acuité visuelle

Ce qu'il nous faudra
pour voir mes lentilles
dans tes prunelles

Je danse encore pour toi
Dans les espadrilles
des écrous temporels

Je danse encore pourquoi
une entorse à la cheville
et des trous dans mes semelles

7 nov. 2010

Ostensiblement

En te lisant
à petites doses
en y revenant
sentir ta prose
Une fine pluie
comme un enduit
de quelque chose
de plus grand
de plus vivant
qui porte fruit
en l'arrosant
Comme l'osmose
d'un corps naissant
une faune s'impose
en te lisant
j'ose
ostensiblement

12 juil. 2010

Ou bien

Ton battement me cherche ou c'est facile de t'écouter?

5 juil. 2010

Base

Ton battement me cherche
où c'est facile de t'écouter

8 juin 2010

Des étoiles de soleil sur la rivière
En mouvement ma vie et mes bottes à l’eau.

5 juin 2010

Onomatopée ou pince les cordes

Onomatopée
Ou pince les cordes
Mafffei © Tous droits réservés



Cliquetis temporel
De la strate onirique
Battement visuel
Sonorité lyrique

Les cigales stridentes
jubilent dans mes oreilles
pourtant il vente
il grésille
et tu ronfles depuis la veille

Ton coude m’effleure,
Les gouttes de pluie
éclatent les heures
ravivent le puits

Mes idées font des zigzags
sur le râlement de tes rails
qui avance et recule
sillonne la pendule

Je descends pour le café
mes pas dans l’escalier
entre les marches de bois
battent l’ombre des arbres

T’es pas sur les planches
Avec des gitanes
On dirait dimanche
T’es là dans ma cabane

Laisse allonger le café
Craque les allumettes
Roule les bûches de papier
Il est dimanche certes

23 oct. 2009

Sans titre

La feuille sur laquelle tu m'as écrit
est pleine de fleurs que j'ai dessiné
en rêvant

Gratte les cordes
Écris ou déborde

Le ton du bonheur
des livres
des épices
des vivres
des disques

Je n'ai plus peur

3 juin 2009

Mon enveloppe terrestre
Endure et traverse
Les vastes fresques
Que j’invite presque
A me refaire le dos
D’empreintes de mots
De longs canots
En écorce de bouleaux



Mafffei

15 mars 2009

Libres

J'aspire l'avancement
de mes vies
car je respire
dans tes vices

Je t'écris pour la première fois
Puisque femme
folle
Affairée à nous dévisser






28 déc. 2008

Boire

Les airs passent
M'appelant
à te rejoindre
entre les silences
de nos mises en scènes

Boire
dévaler la pente
qui mène à ton giron

Boire
à ta couenne
la moelle de ma guérison

Invite-moi encore
que ronronne l'alcôve
Et les moyens
de nos dévouements

Boire l'osmose de nous
le désordre de nos rapports
et notre base oscillante

Boire à la fontaine de nos éclats
Boire pour ne pas en rester là

Mafffei 2008 ©Tous droits réservés

27 déc. 2008

patience


Les milliers d’oiseaux qui avaient migrés entre nous
se sont posés sur la lune

Ils attendent comme attendent

Les patients

à l’urgence



Mafffei

4 déc. 2008

Si je me te

Si je m'énerve
Si le temps s'éternise
sans toi;

Ne soyons plus amants

Mais viendrais-tu jouer au pool
dans un trou sur Hochelaga?

Mafffei

28 nov. 2008

Quand nos cellules se touchent
Mon coude est une intrigue
À l’angle de ta souche
Nos allures nous irriguent


Mafffei

26 nov. 2008

Distinction (poésie)

Distinction

Quand je regarde derrière
Devant n’a plus rien à voir
Quand je m’attarde à te plaire
Je traîne les pieds jusqu’au soir

Si nos corps ont fait des boucles
Je porte aujourd’hui des tresses
Et il pleuvra aucun doute
Cesse de remuer la braise

Ferme les yeux écoute-moi
Même si je ne parle pas
Ferme les yeux écoute-moi
Même si je ne parle pas

Ce n’est pas un embargo
Notre vie est éminente
L'exil de tout nos mots
est une avenue inspirante

Pour que le vent se lève
Quand je te manquerai
Dessine-moi tous les rêves
Qu’avec moi t’as pas défaits



Mafffei © 2005